Définition : Puriste

Beaucoup de marcheurs du PCT se considèrent comme des « Puristes » ; pour cela il faut avoir l’ambition de marcher chaque kilomètres, chaque centimètre même du PCT si la piste est ouverte, vous devez y avoir imprimé une trace de pas. Si le chemin est officiellement fermé par le PCTA (pour cause de feux, de grenouilles à protéger etc…), vous avez l’autorisation de passer à la prochaine section ouverte.

Pour moi cette illusion a durée un certain temps. Quand je revenais en stop d’une ville, je traversais la route pour que mes pas tracent une ligne continue entre le Canada et le Mexique. Dans la montagne, partie la plus dure du chemin, j’ai marché six kilomètres en sens inverse parce que je m’étais trompé entre deux voies parrallèles. J’avais pourtant marché la même distance, sur un chemin parallèle au PCT, pas moins difficile, je n’avais pas triché mais je voulais avoir vu chaque centimètre carré. J’étais, par beaucoup d’aspect un puriste. C’est-à-dire un con.

Tout a déraillé après mon accident. Quand j’étais seul en Californie du Nord, la voiture qui m’a ramené, très gentiment, m’a déposé à la mauvaise sortie d’autoroute. J’avais donc le choix de passer l’après-midi à revenir sur mes pas sur une portion moche, proche de l’autoroute, en suivant le tracé de celle-ci, entre des lignes électriques et des remontées mécaniques de ski, ou bien de poursuivre ma course pour rattraper mes amis.

Tout était différent, mais je me suis quand même assis sur une pierre une bonne demi-heure pour réaliser que non, je n’avais vraiment pas envie de faire ces douze kilomètres supplémentaires.  

Que je n’avais pas besoin de le faire.

Que j’étais quand même un vrai marcheur du PCT si je sautais ces six kilomètres sur quatre mille deux cent cinquante.

Le trail vous offre des bonnes leçons. J’imagine que là, l’univers me demandait de lâcher prise. Je l’ai fait. Je allé de l’avant. Pourtant j’ai pensé tous les jours à ces six kilomètres. J’y pense encore régulièrement avec des remords. La culpabilité est forte, la tentation est grande de marcher à nouveau tout le trail juste pour ces six kilomètres.

Alors j’ai bien fini par lâcher prise sur un point : Contrairement à l’image que j’avais de moi même, je suis un peu obsessionnel.

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