Petit précis de propreté sur le PCT
Il est souvent assez comique de voir la réaction de dégout que je suscite quand je dis que je ne me lavais que tous les cinq à sept jours en moyenne sur le PCT. Nous sommes tellement conditionnés à nous laver tous les jours que nous ne pouvons pas remettre en question l’idée que notre corps n’est pas forcément prévu pour cela.
Pour ma part, je me trouve bien plus exposé à des mauvaises odeurs à Paris, dans le métro et autres lieux clos que je ne l’ai été sur le PCT. Oui, vous transpirez allégrement et dans les mêmes vêtements pendant une semaine, mais dans la journée vous êtes au grand air tout le temps, et l’odeur de votre corps est balayée par l’espace et le vent. La nuit, tout est enfermé dans le duvet qui emprisonne l’air chaud aussi bien que les émanations de votre corps.
Quelques passages difficiles cependant : le moment de vous changer et de rentrer et sortir de votre sac de couchage (ce que vous aidera à lever le camps le matin) et le moment ou vous êtes tassés avec vos compagnons dans la voiture qui vous ramène en ville.
Pour être exhaustif, je me dois d’évoquer le cas particulier des chaussettes dans la Sierra. Mouillées constamment, jamais vraiment sèches, je crains qu’il n’y ait pas de solution. Vous allez être exposé à des odeurs inconnues évoquant du Canigou moisi. Pour supporter cela, je me suis dit que l’odeur servirait de répulsif à ours.
Le reste du temps, vous veillerez à maintenir une hygiène corporelle minimale, afin de minimiser les brulures liées au frottement et au sel/la crasse par des lingettes et/ou une petite serviette microfibre (à ne pas rincer directement dans les cours d’eau s’il vous plait), les pieds seront abandonnés à leur triste sort sauf en cas de blessure et d’ampoules, car les garder propre s’avère impossible et peu rentable , vous veillerez juste à pouvoir changer de chaussettes au moins tous les deux jours et à avoir des chaussures légères et aérées.
Et au retour, il m’a paru plus étrange de me laver tous les jours et de mettre du déodorant que de ne pas me laver pendant tout ce temps.