Un tour de force

Il faut parfois faire des choix douloureux. Quand je suis revenu aux États-Unis j’aurais pu partir directement pour Washington retrouver Sugar Daddy (de VITO), marcher une dizaine de jours et atteindre ensemble le terminus. 

Pourtant, quitte à être revenu marcher aux États-Unis j’ai fait le choix de finir la dernière portion de l’Oregon que je n’avais pas pu marcher l’an dernier. Je vais sans doute arriver un jour après mon amie. Cela me rend triste et à la fois je crois que je ne pouvais faire autrement. Sugar Daddy elle-même vient de passer un mois à reprendre les parties du trail qu’elle avait dû manquer. Nous voulions tous les deux être des puristes et cette ambition devait primer sur notre réunion. 

 

Peu de marcheur ont donné autant au trail que Sugar Daddy et moi. Nous avons persévéré pendant des centaines de kilomètres malgré la douleur et malgré l’épuisement. Reparti sur le trail, j’ai marché 40km en moyenne dès le premier jour. J’ai fait plus de 200km en 5 jours mais je ne pense pas que cela soit suffisant pour rattraper mon amie, alors que je quitte les sisters, elle m’a écrit hier et me précédera d’un jour.

 

Au moment de me diriger vers le monument, j’ai l’impression d’avoir rempli mon contrat : j’ai marché et j’ai aimé presque chaque kilomètre du trail, chaque jour . J’ai fait tous les miles ouvert à moi, et même plus. J’ai rencontré des gens merveilleux, j’ai vu des ours, j’ai dormi sous les étoiles.  Je me suis répété chaque jour, y compris le jour de mon accident, à quel point j’étais chanceux d’être là.  

 

Il restera ces 5km en Californie du nord, entre deux routes et plein de lignes électriques mais j’ai presque un certain plaisir à penser qu’il me reste cette partie infime du PCT ou mes pas ne se sont pas posés, et qui me dit : on recommence ?   

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