Malédiction à la belle étoile

J’ai été le premier de mon groupe à dormir à la belle étoile, contraint et excité de réaliser une nouvelle aventure.

La première nuit, en plein milieu du désert, j’ai été pris dans un nuage et mon duvet était trempé au réveil, et il avait donc perdu toute ses qualités isolantes.

La deuxième nuit ou j’ai tenté l’expérience, il a fait si froid qu’au matin la rosée avait gelé sur mon sac. Je me suis réveillé toute la nuit en grelottant.

La troisième nuit, le vent était si fort que monter une tente n’aurait pas été possible. J’avais passé la journée en avance sur mon groupe qui n’a pas réussi à me rejoindre. J’avais pris un petit coin partiellement protégé par des arbres de Judée et pendant la nuit mon oreiller s’est envolé et pendant que je le rattrapais, mon matelas gonflable a été pris dans une bourrasque et s’est arrêté dans un cactus.

J’ai tenté une dernière fois et il a plu.

A ce stade nous avons déterminé que j’étais sujet à une sorte de malédiction, car pour tous mes amis, les nuits à la belle étoile, en bivouac de cowboy comme on dit aux états unis, étaient relativement tranquilles sauf quand je me joignais à eux et ils m’ont gentiment demandé de ne plus leur porter la poisse. J’ai décidé de cesser cette pratique ; On y est trop exposé aux éléments, aux animaux qui piquent et qui mordent, et pour quelqu’un qui a besoin de son espace vital, la tente représente un petit carré approprié, un lieu de repos et de souveraineté éphémère.

Le prix d’un sommeil plus inquiet est toutefois de se réveiller avec un sentiment de solitude infinie, au milieu du désert, loin des lumières de la civilisation, et de perdre son regard dans l’immensité du ciel et de la voie lactée.

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